jeudi 1 décembre 2016

Neuf projets pour un métro montréalais

En juin dernier, le Huffington Post a publié neuf plans historiques du métro de Montréal, depuis les projets de 1944 et 1953 (que j'ai déjà republiés ici, mais sous une autre forme), le projet original des années 60, avec la ligne trois sous la montagne, et six projets officiellement par des instances officielles. Je me permet de les reprendre ici, puisqu'il de la propriété d'instances gouvernementales, qui nous appartiennent, non?

Vers le métro

Projet de la Compagnie des tramways (1944)





Projet de la Commission de transport de Montréal (1953)









Projet original de la Ville de Montréal (1961)









Après l'inauguration du métro

Projet du Bureau de transport métropolitain (1970)









Le Bureau du transport métropolitain voit soudain plus grand!

Projet du BTM (1974) 
Dans le projet suivant, on remarque l'intégration du chemin de fer pour desservir l'Est de l'ile, un peu comme en... 1961!

Projet du Ministère du transport (1983)

Réponse de la CUM au MTQ!
Projet de la CUM (1986)

On ajoute les stations lavalloises!

Projet de la CUM (1991)


Et la ligne rose!

Tout récemment, une Valérie Plante, candidate à la chefferie de Projet Montréal, propose une ligne diagonale, dite la ligne rose — en fait une vraie ligne nord-sud! En plus des prolongations plus habituelles des lignes verte, bleue et orange.









mercredi 16 novembre 2016

Jardins zoulogiques

Avez-vous remarqué combien l'anglais pénètre tous les secteurs de notre vie culturelle — au sens large? Je ne parle pas seulement des mots ou des phrases anglaises* qui émaillent la plupart de nos conversations, ni des glissements de sens ou de structure. Je veux parler aujourd'hui d'une chose encore plus fondamentale, l'orthographe. Oui, celle qui nous avons apprise en première année du primaire.

Selon vous, avez quel mot le mot zoo rime-t-il? Avec chou ou avec chaud?
(Roulement de tambour)
Avec chaud, bien entendu. Même si toutes les pubs parlent toujours des zous de Granby ou de Saint-Félicien, et que l'on fait rimer Amazoo avec joue...

Ça me tape sur les nerfs!

D'autant plus que ce n'est pas le seul mot. Qui ne connait pas société de téléphonie cellulaire Koodo (ce mot me fait toujours penser, moi, aux dragons de Komodo...) ou même le site de production télé noovo.ca? Encore et toujours, on prononce le digramme oo comme ou.

Je me demande sérieusement quand on va parler de jardin zoulogique et de zoulogues. Après tout, on dit bien de plus en plus sculpture, à la suite de cheptel (dont le P était muet autrefois).

* Réhabilitons l'accord de proximité!

L'image est celle d'une carte postale reprenant une publicité du Zoo de Granby. 



samedi 12 novembre 2016

Faut-il revenir à la Charte de la langue français originelle?

Parmi les nationalistes québécois la Charte de la langue française (improprement appelée loi 101, d'après le numéro du projet de loi; en fait, on devrait parler de la loi C-11) est regardée avec un respect quasi religieux, et les changements qu'on a dû lui apporter suite aux différents jugements de la Cour suprême du Canada sont vus comme des amputations douloureuses qui, à elles seules, justifieraient l'indépendance du Québec. Ça a été la position, par exemple, de Martine Ouellet lors de la récente campagne à la chefferie du Parti Québécois. La Charte originelle était certainement une loi fort bien pensée, mais je ne crois qu'elle mérite une telle adoration; elle avait aussi ses failles.

L'Esprit de la loi

Je crois que, dans l'esprit de Camille Laurin, la cause était entendue: si on donne à tous les Québécois le droit de travailler en français, si on oblige les immigrants à envoyer leurs enfants à l'école française, la société québécoise se francisera d'elle-même. Les immigrants francisés parleront français entre eux et à leurs enfants, ils travailleront en français, et la minorité anglaise deviendra de plus en plus petite.

Ce n'est pas ça qui s'est passé, et ce n'est pas entièrement la faute de la Cour suprême. Messieurs Laurin et Lévesque n'étaient pas devins. Par exemple, vu la lourdeur typiquement gouvernementale encadrant la francisation des entreprises, seules les entreprises comptant plus de 50 employés ont été soumises à la loi. Or, bien des immigrants travaillent dans des petites boîtes, où l'anglais (souvent en plus d'une autre langue) règne toujours en maître. Raté. De plus, seules les communications écrites sont visées. Raté. La loi permet d'exiger la connaissance de l'anglais à l'embauche, condition qui est souvent, selon moi, tout à fait superflue. Conséquence: il est impossible de réussir sans connaître l'anglais. Raté. Les entreprises ont souvent besoin de plusieurs années pour monter un comité de francisation et obtenir leur certificat. Conséquence: les entreprises qui ne sont ici que quelques années, pour un chantier, par exemple, n'auront jamais le temps de se franciser. Raté.

Dans le milieu scolaire, je me rends très bien compte, à Côte-des-Neiges où je vis, que même des jeunes scolarisés en français préféreront bien souvent parler l'anglais entre eux. De plus, l'importance mise depuis quelques décennies sur l'apprentissage de l'anglais par les francophones, comme si leur vie en dépendait, fait en sorte que même des francophones préféreront parler anglais, ou pratiquer le code-switching.

Finalement, la question de l'affichage commercial devient bien secondaire, quand on y pense. Et il est loin d'être certain qu'un Québec souverain pourrait interdire l'affichage commercial en anglais, n'en déplaise à Mme Ouellet. En effet, le Pacte international relatifs aux droits civils et politiques stipule, à son article 27, ce qui suit:

Dans les États où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d'avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d'employer leur propre langue. 

Il faudrait au moins le permettre aux entreprises non incorporées.

Idées de propositions

Comment pourrait-on améliorer la loi C-11? Les avenues sont multiples, mais le premier pas serait sans contredit... de l'appliquer. Le fait de permettre aux entreprises de communiquer avec le gouvernement en anglais ou celui d'attribuer aux Néo-Québécois un code linguistique définissant à jamais la langue dans laquelle le gouvernement va communiquer avec eux sont tout à fait en contravention avec la loi.

Ensuite, on pourrait boucher des trous évidents. Par exemple, la loi énonce comme droit fondamental ce qui suit: «Les consommateurs de biens ou de services ont le droit d’être informés et servis en français.» Or, aucun article de la loi ne concrétise ce droit, tout fondamental qu'il soit; il est donc impossible à l'Office de poursuivre en cour une entreprise qui ne saurait pas servir ces clients en français. La loi parle d'affichage public, mais oublie les camions de livraison des entreprises — sans oublier l'affichage quotidien, souvent fait à la main dans les petits commerces.. On devrait aussi encadrer les situations dans lesquelles un employeur peut exiger la connaissance de l'anglais, et  exclure explicitement de ces raisons le contact avec les clients.

Si on voulait aller plus loin, on pourrait tout d'abord exiger, par exemple, que les menus des restaurants ne soient disponibles qu'en français, ou, dans le cas des restos ethniques, en bilingue français-ethnique. Plus question de se ridiculiser avec un Pastagate, où les menus anglais que l'on avait présentés aux plaignants ont évidemment été rangés lors de la visite des inspecteurs de l'OQLF. Après tout, qui fait de la vitesse quand un char de police est visible à des centaines de mètres à cause de ses gyrophares?

Encore plus loin? On pourrait interdire aux commerces de servir leur clientèle en anglais, sauf cas très circonscrits. Après tout, c'est cette éternelle possibilité de vivre en anglais qui empêche la francisation des immigrants, voire celle de nos anglos nés ici même. On pourrait même règlementer l'ambiance sonore des entreprises et des commerces: combien d'employés et de clients sont soumis en permanence à de la radio en anglais?

Le cas des cégeps

On pourrait même aller plus loin et carrément mettre fin au secteur anglophone pour le niveau collégial. Tous les étudiants voulant entreprendre des études supérieures devraient être francophones, et les commissions scolaires anglaises devraient réellement réussir à intégrer leurs élèves à la majorité québécoise. Et, pour éviter les raccourcis par l'Ontario, on devrait aussi obliger les étudiants des universités québécoises n'ayant pas de diplôme collégial québécois à réussir un examen de français avant d'être admis.

En fait, on pourrait prendre cette mesure dès maintenant, et réserver l'entrée dans les universités anglaises du Québec aux étudiants qui savent le français. Soit un DEC d'un cégep québécois (ou un bac d'un lycée francophone, en France ou ailleurs), soit un examen. Ça mettrait fin à cette réanglicisation croissante du centre-ville de Montréal.

D'autres idées?




La photo est publiée sous licence CC BY-SA 3.0 et est l'œuvre de Riba.

samedi 17 septembre 2016

Le Québec indépendant, république ou royaume?

On prend souvent pour acquis que le Québec indépendant serait une république. Moi-même, j'aime beaucoup mieux l'idée de la république, qui consiste à donner la souveraineté à la Nation.

Mais, dans les faits, ce qu'on veut vraiment, c'est une démocratie. La souveraineté de la Nation, ce n'est qu'un principe, et bon nombre de républiques sont en fait des dictatures dont le président, bien qu'agissant au nom de la nation, ne pense qu'à lui-même et à sa gang. Comme je le dis bien souvent, je préférerais de loin être sujet du roi de Suède qu'être citoyen de la République haïtienne... Pas vous?

Dans les faits, établir une république québécoise amènerait son lot de problèmes, dont certains qu'un royaume du Québec n'aurait pas à affronter. Premièrement, tous ces immigrants qui prêtent serment à Sa Majesté Élisabeth II, ses héritiers et successeurs, pourraient devenir citoyens du Québec sans se sentir parjures, ce qui est très important pour bon nombre d'entre eux. Les anglophones du Québec seraient aussi symboliquement rassurés de rester sous la protection de la reine (ou du roi qui pourrait bien lui succéder très bientôt). Finalement, bien des Premières Nations considèrent que les traités qu'ils ont signés l'ont été, presque de manière personnelle, avec la reine ou le roi du Royaume-Uni, puis du Canada; ce serait un blocage de moins à faire sauter.

La démocratie, quant à elle, ne ressort pas du fait de vivre en république ou en royaume, mais bien de la conscience politique des habitants du pays et du détail des mécanismes électoraux. Nombre de pays européens sont des royaumes et ne s'en portent pas plus mal, bien au contraire, souvent.

En fait, le seul argument que l'on pourrait opposer au fait de devenir un royaume supplémentaire pour la reine ou le roi du Royaume-Uni est d'ordre symbolique: c'est au nom de ce royaume que nous avons été conquis, c'est au nom de ce royaume que les Patriotes ont été pendus, c'est au nom de ce monarque que le Canada nous traite en minorité depuis bientôt 150 ans et qu'on veut nous assimiler depuis 250 ans. Mais, dans les faits et au XIXe siècle, notre sujétion envers la reine ne va guère plus loin que de voir son visage sur nos billets de banque, nos pièces de monnaie et nos timbres-poste, et de la recevoir tous les cinq ou dix ans. D'un autre côté, garder ce lien rassurerait bien des gens qui, autrement, nous seraient farouchement opposés. N'est-ce pas une concession à considérer?

Et rien n'empêche de devenir une république dans les décennies à venir.


Le drapeau est celui du lieutenant-gouverneur du Québec est est publié sous la licence CC BY-SA 2.0. On peut trouver les noms de ses auteurs ici.

vendredi 2 septembre 2016

Suite aux réflexions à M. Bock-Côté

Dans mon billet d'avant-hier, j'ai oublié deux choses — ce sont des billets de blogue, après tout, pas des livres rédigés, relus et édités.

9. La constitution de l'Union européenne
M. Bock-Côté affirme que la constitution de l'Union européenne est la première à ne faire aucune mention du peuple qu'elle gouverne et de son histoire, qu'elle est la première à avoir pour ambition d'être universelle. C'est faux.

Si l'on excepte les multiples constitutions de la France révolutionnaire, que leurs auteurs voulaient tellement universelles qu'ils ont tenté de conquérir l'Europe entière pour l'y imposer, j'aimerais bien qu'on me dise où la constitution des États-Unis s'inscrit dans un projet national particulier. On n'y parle que de droits donnés par le Créateur à tous les hommes, de liberté et des moyens de garantir cette liberté. À part la section sur l'institution particulière qu'était l'esclavage, répandu uniquement dans certains des États fondateurs, donc source d'un déséquilibre politique, rien de tout cela n'est vraiment américain. D'ailleurs, ce projet a inspiré nombre d'autres constitutions un peu partout au monde.

10. Les racines chrétiennes de l'Europe
Comme bien des penseurs de droite, M. Bock-Côté s'insurge contre le fait qu'on ait volontairement décidé de passer sous silence, dans la constitution européenne, son origine chrétienne. Je me demande bien pourquoi. Loin de moi l'idée d'affirmer que la civilisation européenne n'a pas de racines chrétiennes, mais cette question est une question d'historiens, de philosophes et de sociologues, pas de politiciens et de juristes. Une maxime juridique affirme que le législateur — et à plus forte raison le constituant — ne parle pas pour ne rien dire. Dans cette optique, poser les racines chrétienne de l'Europe revient à dire que le christianisme doit continuer à éclairer le projet européen, la législation européenne, la vie européenne. Certains pourraient même en arriver à conclure que les interprètes officiels du christianisme, soit les diverses Églises, catholique, orthodoxe et protestantes, devraient par conséquent jouer un rôle de premier plan dans l'élaboration des politiques européennes et que la Bible devrait inspirer les législateurs de manière prépondérante. Après près de deux siècles à lutter pour séparer l'Église de l'État, ce serait un sérieux recul, non?

mercredi 31 août 2016

Réflexions en guise de réponses à M. Bock-Côté

Ces dernières semaines, durant mes vacances, j'ai pris le temps de lire le dernier opus de M. Mathieu Bock-Côté, dont la une apparait à gauche. Je voudrais répondre à son auteur, et j'ai décidé d'utiliser ce blogue pour ce faire. Évidemment, je ne pourrai pas citer deux ou trois auteurs pour chacun de mes paragraphes...

1. Multiculturalisme
Je trouve que M. Bock-Côté étend le sens du mot multiculturalisme bien au-delà de ce que l'on entend habituellement au Québec ou au Canada. Il ne s'agit pas simplement d'une politique d'immigration, mais bien d'une nouvelle conception anationaliste de la vie en société. Or, je crois que bien peu de ceux qui ont été à la source de l'idée canadienne du multiculturalisme serait d'accord avec les dérives actuelles.

Ceci, au Canada anglais, les immigrants deviennent tous anglophones assez rapidement, non?

2. Multiculturalisme bis
Il serait intéressant de fouiller l'origine de la politique canadienne (et britannique) de multiculturalisme? Provient-elle des ententes que le colonisateur britannique a dû consentir avec les tribus locales? Ententes qu'il a fallu reconduire quand les coloniaux sont devenus des immigrants? De remords face à la façon dont on a traité les Premières Nations, ici? De relativisme anthropologique mal digéré?

Ce sera peut-être pour un autre livre, Mathieu?

3. Sources
Bizarrement, à lire le livre, on croirait que seuls des Français et quelques anglophones ont écrit de manière pertinente sur le sujet, bien qu'il s'agît d'une mode qui attaquerait l'ensemble de l'Occident...

4. Le fardeau de l'homme blanc
Doit-on absolument cesser de critiquer son histoire pour être nationaliste? En lisant M. Bock-Côté, on serait tenté de le croire. Bien sûr que l'Occident a mené une politique expansionniste violente. Bien sûr que nombre de minorités y ont été opprimées, sans oublier les femmes et les travailleurs (ce qui fait de ces minorités une large majorité). Mais bien sûr aussi que tous les peuples ont d'immenses squelettes dans leurs placards. Au lieu de pleurnicher dans leur coin, les historiens ne devraient-ils pas mettre de fait en avant et l'étudier davantage? Cela dit, l'étude historique ne doit pas servir d'acte de contrition non plus, je suis d'accord.

5. Le progrès de l'égalité
Je me souviens avoir lu une version toute autre des raisons qui ont mené aux révoltes étudiantes des années 60. Depuis des décennies, nos sociétés mettaient de l'avant des concepts comme la démocratie ou l'égalité. Or, les jeunes ont alors remarqué qu'elles étaient plutôt inégalitaires et oligarchiques. D'où le clash.
Par ailleurs, les exigences d'égalité de la part des femmes, des minorités visibles, des homosexuels ou des transsexuels n'a pas vraiment à voir, selon moi, avec la politique diversitaire que pourfend notre historien, mais bien avec le progrès séculaire de l'égalité et du droit de vivre comme on l'entend, mais en société. Après tout, les femmes ou les gays ne revendiquent pas, pour la plupart, le droit de vivre à part, selon des codes culturels tout à fait différents, mais le droit de vivre comme les autres, d'avoir les mêmes droits que les autres, ceux des hommes, ceux des hétéros, ceux des Blancs, tout simplement.

6. Quelles cultures?
Bizarrement, quand on affirme que les immigrants devraient avoir le droit de vivre selon leur culture d'origine, on définit toujours ces cultures comme des cultures nationales: on parle de la culture syrienne, algérienne, chinoise, italienne, grecque... On définit encore et toujours la culture comme celle d'un pays. Et qui nierait qu'il y a aussi une culture française, anglaise, allemande, et tutti quanti? Cela ne met-il pas à mal cette analyse anationaliste de la culture?

En fait, le principal obstacle à l'intégration des immigrants, ce ne sont pas les cultures, qui finissent bien un jour par se diluer, mais les barrières plus hautes que sont la religion et la couleur de la peau. Veux, veux pas, un Noir sera encore longtemps vu de prime abord comme un étranger, dans nos contrées, même s'il sacre sans accent. Et tout historien devrait se rappeler que les principales revendications des Canadiens-Français ont longtemps été religieuses, de l'abolition du Serment du Test au contrôle des commissions scolaires. Encore aujourd'hui, pour des personnes religieuses, la religion fait partie de l'identité avant même la langue ou la culture d'origine, et on ne se marie pas hors de sa religion. D'où les barrières.

Là, la solution ne viendra pas d'un conservatisme qui ne peut qu'accroitre ces barrières, mais bien plutôt de la croissance de l'athéisme ou de l'indifférence religieuse. Quand il ne restera du Ramadan que le festin du dernier soir, comme pour le Carême et Pâques, il n'y aura plus d'obstacles religieux.

7. Le cas du Québec
Il y a quelque chose qui me chicote dans l'analyse de Bock-Côté. Ce dernier avance que les nations devraient davantage chercher à assimiler les immigrants à leur culture nationale. Mais n'est-ce pas ce que le Canada a toujours cherché à faire et ce à quoi les Québécois ont toujours tenté de s'opposer avec plus ou moins de succès? Après tout, qui dit culture nationale dit pays. L'immigrant qui s'installe à Munich devrait-il, pour satisfaire M. Bock-Côté, assimiler la culture allemande ou la culture bavaroise? Celui qui va à Cardiff devra-t-il apprendre, en plus de l'anglais, le gallois?

D'ailleurs, jusqu'à un certain point, on pourrait affirmer que la tolérance que montre le Canada envers le fait français, au Québec et dans le Rest of Canada, tient, en premier lieu, à cette politique diversitaire à laquelle s'oppose notre auteur. Le Canada devrait-il chercher davantage à nous assimiler, dans son processus de nation building?

8. Conservatisme
J'aurais aimé que M. Bock-Côté donne davantage d'exemples de ce qu'il préconise comme idées conservatrices à remettre de l'avant. Au détour d'une phrase, il parle de la famille, sans plus. Mais de quelle famille parle-t-il? Je ne peux pas croire qu'on voudrait, au Québec, remettre en vigueur la famille traditionnelle, celle où le divorce et la contraception était interdits, où les femmes n'avaient aucune existence légale et devaient remettre leur salaire à leur mari, quand ce dernier leur permettait de travailler, et où l'on avait six, dix ou seize enfants! Ou bien s'agit-il d'une famille fantasmée, simplement sans les difficultés actuelles de la vie des couples et des familles, mais sans les contraintes bien plus lourdes dont on a si longtemps cherché, justement, à s'affranchir?

En guise de conclusion

Je ne m'oppose pas en bloc au discours de M. Bock-Côté, au contraire. Comme lui, je trouve qu'on devrait davantage enseigner l'histoire et la culture nationales, et que l'on devrait davantage chercher à intégrer les immigrants à notre collectivité. On peut le faire. La différence entre eux et nous n'est pas essentialiste. Mais il faut avant tout que les choses soient claires, que les immigrants sachent qu'ils viennent au Québec, que c'est le français qu'ils devront utiliser en société et qu'ils vivront avec nous, pas simplement à nos côtés. Et il faudra mieux outiller les écoles.


Surprise! Il y a une suite!

vendredi 12 août 2016

À gauche toutes?

Cela fait environ deux siècles que la plupart des pays occidentaux ont édicté l'obligation de conduire à droite des routes. Or, je remarque, sur les trottoirs souvent encombrés de mon quartier, qu'au moins la moitié des piétons ont tendance à tenir leur gauche. L'être humain aurait-il une tendance innée à marcher à gauche? Quelqu'un sait-il quelque chose à ce sujet?