vendredi 12 août 2016

À gauche toutes?

Cela fait environ deux siècles que la plupart des pays occidentaux ont édicté l'obligation de conduire à droite des routes. Or, je remarque, sur les trottoirs souvent encombrés de mon quartier, qu'au moins la moitié des piétons ont tendance à tenir leur gauche. L'être humain aurait-il une tendance innée à marcher à gauche? Quelqu'un sait-il quelque chose à ce sujet?

vendredi 8 juillet 2016

La fin du déneigement?

Déneigement à Montréal dans les années 70





Il y a quelques mois, je suis tombé sur un nouvelle intéressante (ici et ici): des chercheurs du Nebraska ont mis au point un béton chauffant, permettant de faire fondre la neige et la glace. Le tout sans tuyaux ou fils, puisque c'est la masse du béton lui-même qui conduit l'électricité.

Pour le moment, ce béton coute encore un peu plus cher que du béton normal, mais ce cout baisse continuellement.

Au Québec, il semble qu'on n'ait pas amélioré la construction des routes depuis des décennies. Nos routes s'effritent bien vite, se remplissent de nids-de-poule, s'effondrent autour des bouches d'égout, prennent la forme de vague là où des autobus ou des camions passent ou s'arrêtent. De plus, le déneigement coute cher, il endommage les routes et le mobilier urbain, et de toute manière, prend plusieurs jours à se compléter, intervalle pendant lequel les voitures et les piétons sont pris dans la neige et la glace.

De plus, on dit que les incessants cycles de gel-dégel seraient la cause première des nids-de-poule.

Alors qu'attend-on pour au moins essayer ce béton nouveau genre? Imaginez-vous ce que serait Montréal si la neige fondait dès qu'elle tombe sur le béton des rues et des trottoirs? Plus de bancs de neige, plus de pelletage, plus de verglas, plus de jambes ou de hanches brisées. On pourrait utiliser les vélos ou les scooters à l'année longue. Et celles et ceux qui portent la jupe ou la robe auraient moins froid.

Certes, il serait impossible de transformer du jour au lendemain toutes les rues de Montréal — cela prendrait même plusieurs décennies — et il y a un cout, mais je me demande si le jeu n'en vaudrait pas la chandelle, même financièrement. Tout d'abord, le béton est plus durable que l'asphalte. Ensuite, on mettrait fin aux couts du salage et du sablage des rues et trottoirs, aux couts directs du déneigement et aux retards dus à la neige et au déneigement. Le mobilier urbain, les arbres et les clôtures privées souffriraient moins. On peut même imaginer que, sans les machines de déneigement, les villes émettraient moins de gaz à effet de serre.

Changer la forme des rues

Un autre changement qui me ferait plaisir, ce serait de changer la forme des rues — mais c'est sans doute impossible partout où c'est déjà construit. Depuis les anciennes routes romaines, les rues et chemins sont convexes. C'était sans doute une innovation importante il y a 2000 ans, et cela a encore sa place à la campagne, là où les routes sont bordées de fossés. Mais, en ville, tout ce que ça fait, c'est créer des flaques d'eau le long de trottoirs, éclabousser les piétons et amener aussi toutes les feuilles mortes et détritus le long de ces mêmes trottoirs, là où les vélos sont tenus de passer. Pourquoi ne pas faire plutôt des rues concaves et mettre les bouches d'égout au milieu des rues? Il me semble que ça serait logique, non?

Évidemment, à la campagne, il ne serait pas question de chauffer les routes ou d'accumuler l'eau en plein milieu. Il faudrait même étendre l'idée des écoroutes, routes non salées. Il suffit alors de ralentir et d'avoir des meilleurs pneus. Est-ce trop demander?



L'image est tirée des Archives de la Ville de Montréal et est reproduite sous la licence CC BY-SA-NC 2.0.

samedi 2 juillet 2016

Quelques rappels historiques sur le 1er juillet

Premier drapeau canadien après la Confédération.
Je me permets de reprendre ici un billet de blogue de Jean-François Lisée sur le 1er juillet 1867 et l'élection provinciale qui a suivi.

mercredi 29 juin 2016

D'autres propositions de drapeaux du Québec

En naviguant sur le web, j'ai trouvé sur Reddit deux propositions récentes de drapeaux. J'espère ne fâcher personne en les reproduisant ici. Dites-moi ce que vous en pensez.


La version avec seulement trois bandes



La version avec la fleur de lys en plus.


Les trois bandes reprennent l'esprit révolutionnaire français et le drapeau de la Russie, autre pays boréal.
Le vert reprend le vert du drapeau des Patriotes et symbolise une société écologique, le vert de notre zone agricole et celui de la forêt boréale.
Le bleu reprend le bleu du drapeau actuel, symbolise l'héritage français et le Saint-Laurent, au centre de notre pays.
Le blanc symbolise l'ouverture à l'autre, la paix, notre héritage français, la nordicité et... la neige, bien entendu.
La fleur de lys, eh bien, c'est tant notre héritage français (le drapeau royal français portait des fleurs de lys dorées) qu'un rappel du drapeau actuel. Ses trois branches rappellent la classe ouvrière, la dimension spirituelle et ceux qui se sont battus pour le pays.
Ces drapeaux ont la proportion 1,5 du drapeau actuel du Québec, mais je le verrais bien un peu plus long. Pourquoi pas φ, le nombre d'or, soit environ 1,618?

À première vue, un autre tricolore qui fait très ordinaire, mais avec les explications, ça semble bien se défendre, non?

Références: explication, discussion.

dimanche 26 juin 2016

L'avenir du métro

Le web regorge de gens qui imaginent comment pourrait être l'avenir. Ce travail d'imagination s'applique aussi au métro de Montréal.

Mais, d'abord, j'aimerais reprendre cette image du site (qui ne semble plus entretenu) de Marc Dufour, qui montre comme la Commission de Transport de Montréal voyait l'avenir (en fait, 1982) un an après l'inauguration du métro. Cette carte est la forme colorée d'un plan noir et blanc de l'époque.



Comme cette image est peu lisible, même à l'agrandissement maximal permis par Blogger, voici un lien vers une version PDF. C'est la première fois que je fais cela; j'espère que ça marchera

Neuf lignes, plus de 100 stations et un cauchemar pour les daltoniens! Bien entendu, ce programme d'expansion n'est plus concevable, les lignes verte et orange/dorée ayant connu des rallongements différents de ceux envisagés à l'époque.

Place maintenant aux œuvres de pure imagination. La première est un réseau, somme toute, possible. On remarquera l'aspect politically correct de remplacer le nom de la station Lionel-Groulx.

Le principal problème serait que la ligne bleue continuerait de se décharger presque uniquement dans la ligne orange, déjà surchargée.

Les deux autres, du même auteur, sont autrement plus flyées. On aurait alors un réseau s'étendant à toute la grande région montréalaise, avec ou sans réseau de surface (ce dernier étant représenté par du pointillé). À vous de rêver.

Il s'agit d'une vision pour 2050...




Ces trois cartes sont publiées sous la licence CC BY-NC-SA 3.0. La première  
est l'œuvre de Chris Gutzman, et les deux autres, de Thomas Jonkajtys. Sources: 1, 2 et 3.

Le Brexit, une bonne ou une mauvaise chose?

Tout le monde en conviendra: l'évènement politique de la semaine, c'est le vote de ce jeudi au Royaume-Uni, dont les habitants ont décidé à une courte majorité (courte, mais plus grande que celle du référendum québécois de 1995) de quitter l'Union Européenne. Alors, bonne ou mauvaise nouvelle?

En tant que souverainiste, ne devrais-je pas suivre l'exemple de Jean-Martin Aussant ou des candidats à la chefferie du Parti Québécois et féliciter le peuple britannique d'avoir décidé de reprendre sa souveraineté? Ne devrais-je pas plutôt me désoler de la campagne démagogique, mensongère et xénophobe qu'ont menée les tenants du Brexit? (Ceci dit, les tenants du Bremain sont sans aucun doute péché tout autant que leurs opposants.) Sans doute un peu des deux. Mais pourquoi diable ne puis-je jamais avoir une opinion claire et simple, comme tout le monde?

Première des choses: le Royaume-Uni avait-il réellement perdu sa souveraineté? Bien entendu, il avait décidé de confier à une instance supernationale la gestion d'une grande partie de ses échanges commerciaux, et certains aspects de sa politique extérieure. Mais elle avait conservé sa monnaie, son paradis fiscal (c'est quoi, la City, selon vous?) et même la gestion de ses frontières. Non, les migrants ne pouvaient pas entrer librement au Royaume-Uni; ceux qui désirent vivre le rêve de l'Eldorado anglophone et pluvieux s'entassent jusqu'à ce jour dans un camp, à Calais, un camp presque digne des camps de réfugiés d'Afrique.

Bien entendu, l'UE est bureaucratique et tatillonne, édictant des règlements sur presque tous les sujets. Mais c'est le lot d'une entente commerciale entre 27 pays développés: si la France veut que seul son vin puisse s'appeler champagne, elle doit accepter les règles des Italiens pour définir les nouilles. Et, si des gauchistes de toute l'Europe en ont contre le parti pris de l'Union pour l'entreprise privée et la privatisation, ce n'est certainement pas le cas des conservateurs britanniques qui ont fait campagne pour le Leave.

Que reste-t-il, alors? Les paiements à l'UE? Une bonne part de cet argent revient directement au Royaume-Uni, principalement dans ses zones économiquement sinistrées depuis l'ère Thatcher, et le reste serait assez comparable à ce qu'i en couterait aux entreprises britanniques pour écouler leurs produits en Europe, comme disent les Anglais. Par ailleurs, le Royaume-Uni étant passablement riche, n'est-il pas normal qu'il aide les pays de l'Est du l'Europe à devenir des marchés intéressants?

Finalement, ce qui reste, c'est surtout la nostalgie d'une époque révolue, plus simple, sans beaucoup d'étrangers, l'époque de l'Empire, quoi. Un peu le fonds de commerce du Front national, par exemple. Le plus amusant, tant dans le cas de la France que dans celui du Royaume-Uni, c'est que les immigrants proviennent presque tous cet empire dont on a la nostalgie...

Et le Québec?

J'ose croire que les raisons à la base de la souveraineté du Québec sont différentes de celles qui animaient les tenants du Brexit. Les Québécois veulent interagir avec le monde sans devoir passer par Ottawa (alors que le Royaume-Uni a toujours son siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU), ils veulent défendre leur langue (qui peut croire que l'anglais est vraiment en danger en Angleterre? D'ailleurs, l'usage généralisé de sa langue dans le monde rapporte chaque année des milliards au Royaume-Uni), ils veulent protéger leur environnement. Certes, ils veulent reprendre le contrôle de leur économie, mais le sentiment dominant n'est-il pas que, depuis près de 150 ans, Ottawa avantage toujours l'Ontario?

C'est pourquoi je suis toujours abasourdi d'entendre chez les souverainistes québécois des diatribes contre les immigrants, contre les musulmans, contre tout le monde. Sans doute n'avons-nous pas besoin de l'immigration1. Sans doute finançons-nous fiscalement le reste du Canada à hauteur de plusieurs milliards de dollars par année, net2. Mais peut-on exister dans le monde sans avoir à haïr l'étranger?


1. Le Remède imaginaire, de Benoît Dubreuil et Guillaume Marois
2. Un gouvernement de trop, de Stéphane Gobeil.

L'image est publiée sous licence CC0.